Parcourir sa route et rencontrer des merveilles, voilà le grand thème — spécialement le tien.
Cesare Pavese, Le métier de vivre

Arbre généalogique de Suzanne

(Exercice difficile car je ne regarde que devant !)

Grand-père maternel
Julien
Ouvrier
Normand
Dcd
Connu jusqu’à mes 10 ans. Vacances en Normandie. Homme très bon. Il faisait son cidre et on devait choisir entre le brut ou le doux.
Grand-mère maternelle
Georgette
Femme au foyer
Normande
Dcd
Connue jusqu’à mes 44 ans. Je n’aimais pas passer plus d’une semaine avec elle car trop de commérages à la campagne. Elle préparait de superbes confitures et marmelades de pommes.
      Grand-père paternel
Je ne me rappelle plus son prénom.
Traducteur des langues de son ethnie en français.
Afrique de l’ouest
Dcd
Homme impressionnant. Peu connu jusqu’à mes 10 ans. Grand chrétien, homme d’église. Je me rappelle qu’il a attendu notre arrivée avant de mourir, il était assis sur une natte.
Grand-mère paternelle
Suzanne
Afrique de l’ouest
Dcd
Pas connue. Je suis son homonyme. Jamais parlé d’elle ! (Maintenant après cet exercice, je vais demander à mon père pour en savoir un peu plus)
 
  Maman
Vivante
54 ans de mariage !
Femme au foyer
Normande
A été couturière en arrivant à Paris. A rencontré mon père dans le métro. 13 déménagements en 50 ans, beaucoup de changements de pays, de maisons. Plus souple que mon père.
  Papa
Vivant
54 ans de mariage !
Diplomate
Originaire d’un pays d’Afrique de l’ouest.
Très exigeant avec nos études si bien que je me suis arrangée pour être parmi les meilleures au primaire, au secondaire, puis à la fac. Il fallait travailler pour être indépendante. Beaucoup de conflits au moment des choix, il rêvait de me voir avocate. Père aimant… Trop ? Papa et maman « poules ». Durant mon Cm1, en raison d’une grave maladie de mon frère, nous avons été « sortis » pendant 2 mois ½ du système scolaire. Malgré cette absence, j’ai réussi à être 8ème de ma classe. Je me suis fait gronder par mon père. J’ai trouvé cela injuste.
 
 
  Moi
Parcours professionnel atypique (depuis mon retour en France, on ne cesse de me le dire.) J’ai fait des études de droit. Après mes études, mon père aurait aimé m’apporter son aide pour trouver un emploi. Je me suis inscrite à l’ANPE et j’ai trouvé seule mon emploi. Il ne m’a jamais félicitée pour cela mais par contre disait à toutes ses connaissances qui cherchaient de l’aide pour leurs enfants : « Faites comme ma fille, elle s’est débrouillée toute seule ! ». J’ai travaillé dans les assurances pendant de nombreuses années : rédactrice, responsable du département sinistres, responsable administratif et financier, responsable de gestion immobilier. Beaucoup d’interim comme assistante de direction. Poste fixe pendant 2 ans. J’ai toujours voulu faire trop bien, j’étais capable de me rendre malade, penser qu’on ne fait jamais suffisamment bien, toujours vouloir que ce soit parfait. Cela entraîne un manque de confiance en soi, il y a beaucoup de choses qu’on n’ose pas, on n’ose pas prendre certains risques. Mon père voulait absolument que je sois indépendante, je n’ai jamais voulu reproduire ce schéma de mère au foyer. J’ai toujours mis ma vie professionnelle avant ma vie amoureuse, je n’aurais jamais voulu dépendre d’un homme. Du coup je n’aurai jamais 54 ans de mariage, mais j’en ai eu 7 !