Parcourir sa route et rencontrer des merveilles, voilà le grand thème — spécialement le tien.
Cesare Pavese, Le métier de vivre

Mickaël

Je suis actuellement sans emploi. L'usage que je fais de mon corps dans ma recherche d'emploi est donc au mieux très limité. Notamment lorsque je prospecte sur Internet.

En effet, les doigts qui s'agitent fébrilement au-dessus du clavier et les yeux qui balaient fugacement l'écran sont quasiment les seuls mouvements notables de mon corps.

Alors, afin de compenser l'inertie d'une telle inactivité, je prends régulièrement le temps d'effectuer un jogging. Il s'agit d'un moment d'une importance vitale, entièrement voué à mon apaisement psychique. 

De même, c'est une façon de prévenir ce que j'appelle le "risque d'effondrement".

De façon incontrôlable, j'éprouve depuis l’enfance le besoin de rester actif physiquement, de me dépenser énergiquement, parfois à l'outrance. Ce serait, j’imagine, le fruit d'une certaine hyperactivité. Ce qui ne m'étonnerait pas d'ailleurs.

Vestige de l'obsession que j'avais pour mon propre corps, le traditionnel jogging demeure l'unique solution me permettant de rester serein à la fois physiquement et mentalement. 

Mais l'habitude s’est muée en une quasi drogue. Et les séances de sport, dont l'aspect est purement procédurale (toujours 3 tours du parc de la Villette), se sont imposées selon un emploi du temps rigide et inamovible. C'est devenu un mode de vie.

Toutefois, je ne considère pas cette "addiction" comme un carcan. C'est un instrument de mon bien-être. Et me retirer la possibilité de courir, de sentir mon coeur pulser en moi, de sentir mon sang affluer dans mes veines, ce serait me priver de ma liberté...