Parcourir sa route et rencontrer des merveilles, voilà le grand thème — spécialement le tien.
Cesare Pavese, Le métier de vivre

Zek

Je suis né à Alger.
Je viens de Cannes.
Sur mon chemin j'ai pensé que l'on atteint ses objectifs si on le veut vraiment, même si ça devient de plus en plus difficile. Je me rappelle avoir passé un concours pour entrer à la Poste, il y avait une centaine de postes et on était deux mille, parmi les deux mille des gens très diplômés. La concurrence est de plus en plus rude. Les dés étaient pipés dès le départ.
Je suis ici pour régler des affaires personnelles.
Je réfléchis encore à un futur métier. Peut-être n'aurai-je pas de métier. À 40 ans on fait encore comme les coucous : on saute de poste en poste, de la restauration à la vente de chemises... On croit être maître de son avenir et un grain de sable vous fait changer de vie, de métier...
Le travail devrait être une passion. Faire quelque chose que l'on n'aime pas est un appauvrissement physique, intellectuel. Si le travail n'est pas une passion, sa place dans la vie devrait être réduite à son minimum.
Mon travail emploie-t-il la partie de moi que je désire employer ? Non.
En dehors de mon travail je m'emploie à réfléchir, me détendre, cela me procure un sentiment de bien-être.
Ce n'est pas important pour moi d'avoir ma place dans la société, avoir une place par rapport à qui, à quoi ? Cela créé une concurrence malsaine entre les gens.
Quoi de neuf ? Rien de neuf car je suis le résultat de mes habitudes.
J'ai appris que ça ne sert à rien de courir, de précipiter les choses.
Je voudrais apprendre des langues, même à mon âge, le chinois.
J'aimerais transmettre la patience, l'honnêteté, je me demande si on ne se fait pas du mal à soi-même en trichant, en prenant la place de quelqu'un pour avoir une promotion, en volant...
J'espère que l'on gaspillera moins et que l'on s'entraidera un peu plus.
Si je ne devais pas travailler, j'irai pêcher le poisson ou vivre comme un trappeur-aventurier. Il y a encore de grands espaces.

Zek

J'aime bien les objets simples, je n'aime pas la course à la consommation et à l'inutilité. J'utilise un téléphone portable à 20 euros, j'espère le garder longtemps car il me suffit amplement. Cet objet me représente totalement.