Parcourir sa route et rencontrer des merveilles, voilà le grand thème — spécialement le tien.
Cesare Pavese, Le métier de vivre

Lina

Je suis née à Beyrouth, au Liban. Une belle ville côtière, chaotique et paisible en même temps. J'ai toujours aimé la mer et je me sens un peu sèche à Paris. Enfant, j'aimais bien le lever du jour à Beyrouth, le soleil qui éclaire peu à peu les endroits, les "petites gens" qui arpentent les rues, allant à leurs boulots, entretenant et nettoyant les lieux sans grand bruit, mais suffisamment pour rythmer l'éveil de la ville.
Ce matin, en venant du dix-septième jusqu'ici, j'ai vu une femme avec un handicap mental. Elle tenait son parapluie au-dessus de sa tête, mais le vent l'avait soulevé et il était à l'envers, et la femme ne paraissait pas gênée du tout, elle continuait son chemin avec grâce et tranquillement.
J'ai pensé que c'est nous qui sommes handicapés mentalement car nous nous soucions de tout et de rien.
J'aime ce lieu où tout le monde s'active sans qu'on sache à quoi ça rime ou ce que font ces gens au juste. C'est un lieu coloré avec des espaces ouverts et libres pour la circulation.
Je n'aime pas le travail dans sa conception actuelle : travailler pour manger, pour habiter, s'amuser ou avoir des enfants... pour exister en somme !
Peu de personnes ont la chance de travailler pour le plaisir de travailler.

Lina

Les bonbons m'accompagnent partout, ils me rappellent l'enfance quand nous en abusions sans scrupules.