Parcourir sa route et rencontrer des merveilles, voilà le grand thème — spécialement le tien.
Cesare Pavese, Le métier de vivre

Haithem

Je suis né en Tunisie mais j'ai vécu mon enfance en Italie qui avec cette crise n'est plus l'Italie. S'il n'y avait pas eu la crise en Italie, je ne serais pas venu ici.
Je suis seul ici, sans famille, sans vrais amis.
Je suis venu de Villejuif, d'un foyer de la Croix-Rouge, et sur mon chemin j'ai pensé à ma mère parce que ça fait longtemps que je ne l'ai pas entendue, je n'ai pas les moyens de téléphoner et je dois attendre d'être rémunéré par ma formation pour le faire.
Je fais une formation "Créer son projet professionnel", j'ai déjà choisi la cuisine car je connais la cuisine italienne et je veux mieux connaître la gastronomie française pour trouver du travail. J'aime la cuisine, ça vient de ma mère, ma mère est top chef, elle sait tout faire.
Pour moi le travail sert à aider la famille, on est six frères, mon père et ma mère, si je trouve un travail, je pourrai donner un coup de main à mon père.
En dehors de la recherche de travail j'aime beaucoup le sport, ça m'enlève tout le stress que j'ai dans la tête.
J'ai appris que j'aimais ma famille et que je ne la laisserai jamais, et aussi que j'aimais voir des choses nouvelles, par exemple cette formation, en Italie ça n'existe pas. J'ai aussi appris à être calme.
Même s’il y a la crise ici, il y a quand même des avantages par rapport à des tas d'endroits.
J'espère trouver un travail, c'est mon rêve. Sans travail je ne suis pas une personne.
Si je ne devais pas travailler, je resterais à côté de ma mère, ainsi je serais sûr qu'elle est bien.

Haithem

Pour ma mère, elle me manque tellement.