Parcourir sa route et rencontrer des merveilles, voilà le grand thème — spécialement le tien.
Cesare Pavese, Le métier de vivre

Clément - 14h20

Je suis né à la Roche sur Yon. Ma famille vit en Vendée. J'y retourne souvent (à peu près tous les deux mois) et y suis très attaché. Y retourner me permet de me ressourcer, de revenir à mes racines (marcher, courir, aller à la mer, retrouver le domaine agricole de mes parents...) Je prends d'autant plus de plaisir à aller en Vendée que je vis à Alger depuis le mois de juillet (après avoir vécu 11 mois en Inde, 4 mois au Liban, 3 mois aux Etats-Unis...)

Sur mon chemin, j'ai éprouvé l'excitation et l'envie de me retrouver face à un conseiller de la Cité des métiers qui saura me conseiller et m'apporter des solutions. J'ai passé ma matinée dans les transports. Dans le train, je me suis fait la réflexion que nous avions beaucoup de chance en France d'avoir un réseau de transports performant et confortable. La plupart des passagers lisaient, ce qui est réjouissant, voir la place de la lecture dans le quotidien des Français. Mon voisin d'en face (carré) en s'endormant, a laissé tomber une de ses oreillettes, laissant exploser une musique chinoise techno-pop. Dans le métro, j'ai échangé un sourire avec une femme d'une quarantaine d'années, au visage rieur, couverte d'une djellaba et d'un voile marron (le métro en démarrant nous avait amenés à ce que nos mains se superposent). Un groupe de jeunes filles surexcitées est monté à la station Saint-Germain-des-prés en parlant et s'esclaffant très fort. En descendant à la station Cité des sciences/Porte de la Villette, mon regard a été retenu par un homme d'une trentaine d'années à l'air intrigué et curieux. Mon trajet a été agréable, j'étais heureux de lire Katiba de J.C Rufin qui me ramène au contexte de l'Afrique du nord et de l'ouest dans lequel j'évolue actuellement.

Mon séjour en France est limité (8jours/départ Alger le 9 novembre). Je profite de chaque instant, chaque minute en France. Avant de partir à Alger, j'ai vécu 2 ans et demi à Paris. J'ai adoré ma vie parisienne (une vie culturelle multiple et bouillonnante, une vie sociale hyperactive, des activités sportives larges et diverses, une vie associative très vivante...)

Je suis ici pour entamer une réorientation professionnelle.

Je me sens tiraillé entre les attentes et les ambitions qu'on a voulu m'accorder et mes envies, le sens et les orientations que je veux donner à ma vie.

Je pense à servir l'intérêt général (si cela est possible), à revenir vivre à Paris, à donner du sens à mon travail, à continuer à travailler pour la transmission (de la connaissance, du savoir...)...

Je me souviens d'avoir toujours voulu être dans le faire-plaisir, de n'avoir jamais su dire non, d'avoir toujours voulu réussir pour la fierté de mon entourage.... Je me souviens de m'être souvent posé les questions sur mon orientation et mes objectifs professionnels, mais de n'avoir jamais su trouver les réponses. Les réponses que j'ai trouvées et ma situation actuelle ne sont que le résultat de ce que l'on attend de moi.

J'ai appris à m'écouter, à prendre du recul sur mon environnement et mes proches et à mieux me connaître...

Je voudrais apprendre un vrai métier.

Je continue mon chemin vers le monde de la petite enfance ou les personnes âgées, deux publics avec lesquels j'ai un très bon contact. Je ne sais pas encore comment ça se traduira.

J'espère trouver ma voie, mon chemin, ce pour quoi je suis fait, pouvoir être utile et compétent dans ce vers quoi je me lancerai, pouvoir me donner pleinement...

J'aime le contact et la vie, transmettre et apprendre, sourire et rire, que chaque jour soit différent et découvrir encore et encore...

Voici ce que je laisse : un immense espoir en l'avenir...

Clément

Bracelet. Il m'a été offert par un ami qui l'a noué en me demandant de formuler un voeu. Ce voeu a vocation à se réaliser lorsque le bracelet se brisera.