Parcourir sa route et rencontrer des merveilles, voilà le grand thème — spécialement le tien.
Cesare Pavese, Le métier de vivre

Alima

I have a dream

Je rêve d’une activité qui m’englobe toute entière, une vie quoi ! Je trouve étrange de séparer mon être de mon activité, et de ne m’emparer du travail qu’en mettant en avant certaines parties de ma personne plus communément appelées savoir-faire, savoir être, qualités, compétences…

Je ne comprends plus ce que signifient ces divisions. Accepter pour un temps donné et dans certaines conditions de se « puzzliser » contre rémunération et reconnaissance sociale ne me semble plus envisageable.

À présent, je suis consciente que je fais figure de mouton noir. Ne plus accepter le travail tel que défini par la société me place soit dans la position de l’imbécile qui vivrait des subsides de l’Etat, soit dans celle du visionnaire qui permettrait à d’autres d’emprunter ce chemin obscur et indéfinissable par nature.

Le plus souvent, les créateurs, les inventeurs et les artistes ont pour obsession l’expression de leur être profond, de leur moi caché. Ils gagnent leur vie en travaillant sur eux; ils sont leur matière première, leur propre outil et leur singularité, leur humanité et leur fonds de commerce, contrairement au plus grand nombre, à la masse indistincte que nous formons. À cette horde anonyme, il est conseillé de se mouler dans des mécaniques professionnelles organisationnelles dénaturées qui, à y regarder de près, ne correspondent à aucun fonctionnement individuel existant.

Ces enfers modernes sont réservés à tous ceux qui, pour mille et une raisons, n’ont pas fait valoir leur droit à l’unité. Pour eux les injonctions sont les suivantes : merci de bien vouloir travailler sur votre employabilité en vous formant aux NTIC par exemple et en veillant à être toujours aussi souples pour vous perdre dans les carcans industriels, administratifs, numériques et organisationnels prévus à cette effet. Pour les plus récalcitrants d’entre nous, il est rappelé régulièrement qu’une nouvelle armée de « bras » cogne à la porte. Pour les plus fragiles, toutes sortes de dispositifs stigmatisants sont prévus…

Alima

Illustre mon propos